mercredi, 15 novembre 2006
La poésie... on l'oublie trop souvent...
Verlaine
Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville,
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie
Ô le chant de la pluie !
Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?
Ce deuil est sans raison.
C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi,
Sans amour et sans haine,
Mon coeur a tant de peine !
Beaudelaire
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l'horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;
Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où l'Espérance, comme une chauve-souris,
S'en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;
Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D'une vaste prison imite les barreaux,
Et qu'un peuple muet d'infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,
Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.
Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
Verlaine
Allons mon pauvre coeur, allons mon vieux complice,
Redresse et peint à neuf tous tes arcs triomphaux ;
Brûle un encens ranci sous tes autels d'or faux;
Sème de fleurs les bords béants du précipices;
Allons mon pauvre coeur, allons, mon vieux complice!
Pousse a dieux ton cantique, ô chantre rajeuni;
Entonne orgue enroué, des Te deum splendide;
Vieillard prématuré mes du fard sur tes rides;
Couvre toi de tapis mordorés mur jauni;
Pousse a dieu ton cantique, ô chantre rajeuni.
Sonnez grelots; sonnez; clochettes; sonnez cloches!
Car mon rêve impossible à pris corps ,et je l'ai
entre mes bras pressé: le bonheur, cet ailé
Voyageur qui de l'homme évite les approches,
Sonnez, grelots; sonnez ,clochettes; sonnez cloches!
Le bonheur à marché côte à côte avec moi;
Mais la fatalité ne connait point de trêve:
Le ver est dans le fruit, le réveil dans le rêve,
Et le remord est dans l'amour tel est la loi.
Le bonheur a marché côte à côte avec moi.
11:25 Publié dans Love | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


Commentaires
Eh bien, le 1er, je l'ai mis sur mon blog, enfin, je crois... Je l'aime beaucoup. Et le second de Verlaine est également très très beau...
Bref, c'est bien joli tout à ça, merci à toi ;-)
Ecrit par : Laurenn | mercredi, 15 novembre 2006
Oui... c'était un peu l'attitude du jour... mélancolie... quand tu nous tiens :-)
Ecrit par : Arnaud | mercredi, 15 novembre 2006
Oh...mais tu es tout mélancolique toi :-( c'est tres beau en tout cas... j'aime beaucoup Baudelaire mais je dois dire que je premier poème de Verlaine m'a émue...c'est étrange...mais c'est tres proche de ce que je ressents...
Arfff...aller , faut sourire :-)
Ecrit par : Sandrine | mercredi, 15 novembre 2006
Eh bien ! Qu'est-ce qu'il t'arrive, ce soir ?
Ecrit par : Naturel | mercredi, 15 novembre 2006
Ben alors, ça va mieux ? Un peu moins mélancolique, j'espère ?! Sinon, ne t'inquiète pas, il ne s'agit que d'un état +/- passager mais qui permet d'aller mieux ensuite car on s'est retrouvé...
Allez, courage, courage ;-)
Ecrit par : Laurenn | jeudi, 16 novembre 2006
Ne vous inquiétez pas mes chers lecteurs... je vais bien...
C'est juste que j'étais dans mes mémoires pétiques ce matin et les voilà donc ponduez par ici :-)
Je vous jure... j'ai le sourire !
Ecrit par : Arnaud | jeudi, 16 novembre 2006
Bon...ça va alors! on était inquiets...merci de nous rassurer ;-)
garde le sourire :-)
Ecrit par : Sandrine | jeudi, 16 novembre 2006
arffffffffffffffffffffffffffff ! c'est boooooooooooooo
Ecrit par : lola | jeudi, 16 novembre 2006
la poésie ça a du bon!
Ecrit par : celine | jeudi, 16 novembre 2006
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